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Des jeunes ambassadeurs pour les régions polaires à Rio+20

2012-06-19 14:30
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Des jeunes ambassadeurs pour les régions polaires à Rio+20

L'auteure s'appelle Audrey Yank. Elle est la codirectrice des communications de la Délégation Students on Ice (SOI), un groupe de jeunes présent à Rio+20 pour mettre de l'avant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des régions polaires affectées par les changements climatiques.

Les régions polaires ont brillé sous le feu des projecteurs hier soir. Ce fut à leur tour, dans cette marée d’enjeux abordés à Rio de Janeiro, dans le cadre de la Conférence Rio+20. Scientifiques, délégués et représentants d’organisations étaient présents pour se laisser inspirer par les jeunes de la délégation internationale Students on Ice. Cet événement en marge des négociations internationales sur le développement durable a apporté un réel vent de fraîcheur et un dynamisme unique aux groupes jeunesses.

La délégation Students on Ice est formé de 14 jeunes de 17 à 24 ans, du Québec, du Canada et d’ailleurs dans le monde, qui ont tous participé à une expédition scientifique en Arctique ou en Antarctique avec l’organisation Students on Ice. Devenus experts en éducation environnementale, ces jeunes ont utilisé la force et la portée de leurs expériences personnelles dans les pôles afin de promouvoir l’importance de ces régions. Donovan, 17 ans, originaire du Labrador, a raconté que « ce jour-là, lorsque j’ai vu un bloc de glace gigantesque se détacher du glacier et que j’ai failli être emporté par la vague énorme qui s’en est suivi, j’ai compris que je n’étais pas en contrôle. Personne ici à Rio n’est réellement en contrôle et l’ultime négociateur en chef avec qui nous avons affaire, c’est la nature elle-même ».

Le témoignage de Minni Molly, jeune autochtone vivant dans l’Arctique, a apporté un sentiment d’urgence pour agir maintenant, tout en soulignant l’importance que le développement soit durable et équitable. « Ce n’est pas facile de vivre d’où je viens. Pas facile du tout. Ma communauté est directement affectée par les changements que connaît le grand nord. Les futurs développements que connaîtra l’Arctique ne doivent pas accentuer cette tendance mais plutôt se faire de façon durable en collaboration étroite avec les Premières Nations. »

Ces jeunes se sont rendus jusqu’à Rio après des mois de préparation et d’implication dans leurs communautés afin d’apporter leurs propres recommandations pour répondre aux enjeux du développement durable dans les régions polaires. Mr. Lawrence Hislop, chef de l’unité polaire à GRID-Arendal et panéliste à l’événement, a été emballé par le leadership et l’initiative de ces jeunes et a salué la recommandation d’une Antarctique neutre en émission de carbone. « L’idée originale du premier continent neutre en carbone en est une qui mérite beaucoup plus d’attention dans de telles négociations. Je vois facilement comment cet objectif peut être atteignable et devenir un moteur de changement, un exemple pour tout le reste. »  Les autres recommandations de la délégation touchent la protection des océans polaires dans une meilleure optique de protection globale des océans et la reconnaissance des droits des peuples autochtones dans l’exploitation des ressources naturelles.

Mr. Ronald Juneau, ambassadeur des Seychelles pour les Petits états insulaires en développement (SIDS) a souligné la pertinence d’aborder la cause des régions polaires ici, à Rio. « C’est une affaire globale, et même les SIDS ont à cœur les pôles. Si la calotte glacière fond, nous serons les premiers à disparaître. Si les ours polaires sont en voie d’extinction, certaines espèces rares dans nos îles le sont aussi. Si les peuples autochtones dans l’Arctique sont menacés d’un développement non viable unidirectionnel, nos peuples minoritaires le sont aussi. »

Les régions polaires n’ont jamais encore parues dans les accords précédents sur le développement durable des Nations unies. Remplie d'une énergie positive et au fait des enjeux politiques, la jeune délégation, qui en est à sa première année d’existence, était réaliste face à l’objectif d’apporter un amendement au texte officiel pour y inclure les régions polaires en tant qu’enjeu émergeant. Mais, comme l’affirme Jessica, directrice des politiques de la délégation, « nous sommes ici pour ouvrir le débat et débuter une conversation globale sur les pôles. » L’événement d’hier soir ainsi que plusieurs rencontres avec des négociateurs de différents pays circumpolaires au cours de la conférence en sont la preuve.

Finalement, que faut-il pour répondre adéquatement aux défis du développement durable dans les régions polaires? Un plus grand leadership politique et une meilleure collaboration internationale faisaient consensus parmi les panélistes. La présence de groupes de la société civile est aussi essentielle dans ce genre de sommet international. « Le leadership que démontrent les jeunes de la délégation Students on Ice en est un bel exemple. Les négociations sont lentes et avancent à petits pas. Imaginez si les gens comme vous n’étaient pas là », affirme Mr. Juneau. En tant qu’ambassadeurs des régions polaires, les jeunes de la délégation Students on Ice auront réussis à transmettre à Rio leur passion et leur dévouement pour la planète.

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